L’impasse de la politique d’accueil et d’hébergement

75 millions d'euros, c'est la somme qu'a déboursée l'Etat pour héberger à l'hôtel quelque 12 500 personnes, selon Le Monde. Cela représente l'équivalent de 18 000 euros environ pour l'équivalent d'un foyer de 3 personnes en année pleine qu'on pourrait consacrer à la construction de logements. Un quart sont des demandeurs d'asile. Une moitié sont des étrangers en situation irrégulière, hébergés à titre humanitaire. Le budget de la Ville de Paris devrait s'élever à 16 millions d'euros pour héberger à l'hôtel 2 100 enfants, 1 500 adultes et 130 jeunes majeurs isolés. La part importante de l'hôtel dans les crédits accordés à l'hébergement d'urgence est un phénomène récent. En 2000, le budget hôtellerie de l'Etat avoisinait les 10 millions d'euros. Il a bondi à 120 millions en 2005. Une manne déjà largement exploitée. Chassés du marché locatif traditionnel, les marchands de sommeil investissent dans des hôtels meublés pour assurer la pérennité de leur activité juteuse. Une activité extrêmemnt rentable liée à la faiblesse de l'entretien et donc des charges. Une activité rendue possible par la passivité des pouvoirs publics et leur autisme sur la question migratoire. Quelle paradoxe de constater qu'en Espagne, les régularisations massives ont notamment permis ces dernières années la construction de deux fois plus de logements construits qu'en France pour une population inférieure de plus de 20 millions d'habitants.

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