la guerre est un jeu d’enfant

Un masque à gaz, sans le filtre, avec lunettes en mica cabossé rendant toute vision floue, et que je reniflais pour y chercher vainement l'odeur depuis longtemps évaporée de l'ypérite. Idéal pour faire peur à ma soeur... Une boite de conserve, avec réchaud à alcool solide incorporé, périmée depuis cinquante ans. S'imaginer au fond de la brousse... Un viseur d'une arme inconnue, avec graduations, très lourd. En regardant de l'autre côté, tout apparaissait minuscule... Un chapeau chinois, incongru ici; mais n'y avait t'il pas des Indochinois en plus des tirailleurs sénégalais ? Mis rapidement en pièces... Voilà les jouets que m'avait laissé mon Grand Père paternel, récupérés sur le front de la Grande Guerre, où il avait survécu. Il me parlait des techniques de l'époque, ce qui fait que je croyais que les avions chasseurs qui nous assourdissaient parfois de leurs bangs supersonniques étaient construits en bois et en toile. Il était aussi réquisitionné par mes parents pour me faire manger ma soupe, en soufflant dans sa trompette.

Poster un commentaire

Votre adresse email ne sera jamais publiée ou utilisée. Les champs obligatoires sont marqué avec un *
*
*