« La mangattitude », une épidémie venue du Japon

L'influence manga gagne de façon considérable l'occident, néanmoins nous ne connaissons pas tout à fait cette tendance « japonisante » et les clichés persistent cependant. C'est au cœur d'une exposition manga qui s'est déroulé dernièrement du 2 au 4 novembre à Villepinte que l'on peut tenter de comprendre ce phénomène déroutant, un dépaysement total. Qui ne connaît pas Dragon Ball Z , Olive et Tom ou Les Chevaliers du Zodiaque ? Ces dessins animés japonais qui ont envahi le petit écran de leurs génériques musicaux et qui ont séduit la génération quatre-vingts, aujourd'hui trentenaire et profondément nostalgique. Pourtant l'influence manga ne cesse de prendre de l'ampleur, pour preuve on retrouve actuellement chez MC Donald, l'emblème occidental, un DVD et quelques jouets du petit ninja blond Naruto de Masaki kishimoto pour l'achat d'un « Happy meal ». Il suffit de s'aventurer dans un salon dédié aux mangas pour se rendre compte du phénomène, notamment la récente « Chibi Japan Expo » qui a eu lieu le 2, 3 et 4 novembre dernier à Villepinte. Ambiance édulcorée, prédominance de bonbons, peluches et gadgets en tous genres, on se croirait dans un monde merveilleux. De la petite fille à la trentenaire vêtues en « gothic lolita » comme la belle Amane Misa du manga Deathnote, de la tenue d'écolière au déguisement futuriste, l'habit fait le moine dans ce lieu pourvu d'artifices. L'ambiance est bon enfant, on y improvise des « manga cafés » à même le sol en lisant la dernière tome tant attendue. Partout grouille les fans arborant des T-shirts de leurs idoles ou le déguisement complet, le regard admiratif envers les deux auteurs présents, Masami Suda et Tensaï Okamura, grands noms de l'animation japonaise, le second étant le réalisateur du premier long métrage Naruto. L'univers auditif est surprenant, partout résonne karaoké et jeux vidéo, un véritable dépaysement des sens. On se laisserait vite contaminer par ce virus euphorisant et profondément naïf. Pourtant un triste fait divers vient noircir le tableau, la découverte macabre d'un corps découpé, le 1 octobre 2007 dans un parc Bruxellois. Etait joint au corps un message, « Watashi wa kira dess » signifiant « je suis Kira », Kira est le tueur justicier tiré du manga japonais Deathnote d'Otaba Takeshi et de Tsugumi Oba. Manga qui rafle les récompenses depuis sa sortie dont celui du meilleur scénario 2007. Difficile de savoir s'il s'agit réellement d'un acte fanatique influencé par la bande dessinée. L'influence est elle si considérable ? Faut il s'en méfier ? Le manga n'échappe pas à sa mauvaise réputation, il a longtemps été considéré comme violent. Pourtant ce n'est pas cette impression que donne les nombreux salons dédiés à cette forme d'art. Il suffit pour s'en convaincre d'y aller par soi-même. Rendez-vous à la prochaine « Japan Expo » en juillet prochain à Villepinte.

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