Les investisseurs britanniques affichent de nouvelles ambitions pour le Maroc. Ils ne visent plus uniquement le secteur textile qui draine 60% des échanges bilatéraux et l'agroalimentaire, ils veulent également profiter du boom immobilier et de la dynamique enclenchée par la Vision 2010 pour le tourisme. Ils ambitionnent, de ce fait, de fructifier davantage les relations économiques avec le Royaume. L'envie y est, en atteste la venue en force d'une délégation de «businessmen» présidée par le Prince Andrew him self. Seulement, ils ont besoin d'une locomotive pour les guider vers ces nouveaux secteurs porteurs. C'est le rôle que veut jouer Sotheby's International Reality qui a lancé le projet immobilier haut standing El Houara, situé entre Assilah et Larache. «Nous comptons beaucoup sur ce projet qui, une fois réussi, deviendra une success story et pourra persuader les hommes d'affaires les plus réticents de notre pays à venir investir au Maroc», souligne Barry Marsh, directeur de la Chambre de commerce britannique au Maroc. A noter que ce complexe de luxe compte 90 villas et appartements qui seront fin prêts en août 2009. Le promoteur immobilier a entamé la commercialisation de ces logements dans cinq points de vente situés au Maroc, à Londres et au Qatar. Déjà , 15% des nouveaux acquéreurs sont issus de l'Angleterre et de l'Irlande, le reste est ventilé entre des citoyens du Moyen-Orient et des Marocains. Les produits proposés varient d'un appartement d'une chambre coûtant 150.000 euros à des villas de 2 millions d'euros l'unité. Six palaces seront également bâtis chacun sur une superficie de 3.000 mètres carrés. Ils sont proposés à 8 millions d'euros l'unité. Un palace a déjà été vendu à un Cheikh du Golfe. En matière du tourisme, les hommes d'affaires britanniques veulent offrir à leurs compatriotes, nombreux à venir au Maroc, une offre hôtelière de choix. Les opérateurs venus récemment en mission parlent de projets de «small hôtels», soit de petits établissements de luxe sous franchise qu'ils peuvent gérer à l'anglaise. La première ville visée, outre Agadir, est Marrakech. Et pour cause, les touristes ne recherchent plus que le balnéaire, ils veulent également profiter du golf et du tourisme de montagne. «Pour l'instant, Marrakech est la locomotive pour le tourisme et l'immobilier. Les régions entre El Jadida et Casablanca sont également intéressantes et idéales pour le balnéaire», précise Barry Marsh, directeur de la Chambre de commerce britannique au Maroc. Un autre projet que la délégation avait examiné avec le ministre du Tourisme est dans le pipe. Il est destiné au tourisme responsable et sera décliné vers la fin 2008. A noter que le Maroc a déjà accueilli plus de 260.000 touristes britanniques dont 37% ont séjourné à Marrakech et 30% à Agadir. Ils sont restés en moyenne 4,6 jours. La progression des arrivées de touristes anglais est importante. Les projections pour la fin de l'année 2007 tablent sur 375.000 arrivées, soit une croissance de près de 40%, et 1,4 million de nuitées de touristes en provenance du Royaume-Uni. Ces résultats ont été atteints grâce à l'arrivée des low-cost qui programment plus de vols vers le Maroc. Sur chaque appareil, il y a quelque 150 passagers qui déboursent en moyenne 500 livres sterling chacun. Une aubaine pour le Maroc vu que les touristes anglais restent plus longtemps et résident dans des hôtels de luxe. Autre nouveau volet à explorer: profiter du savoir-faire et de l'intermédiation britannique pour drainer les investissements arabes. En effet, «les entreprises britanniques sont habituées à travailler avec celles du Golfe dont plusieurs passent à travers la a��'City''. Du coup, elles peuvent faciliter la venue de ces capitaux arabes vers le Maroc en toute confiance», avait annoncé Chris Innes Hopkins, directeur du Commerce et des Relations avec le gouvernement à l'association MEA (Middle East Association). Ce scénario est déjà appliqué en Tunisie et marche très bien, selon ce responsable. Pour relever tous ces défis, le consulat de Grande-Bretagne et la Chambre de commerce britannique au Maroc sont sur pied de guerre. Ils travaillent sans relâche pour mettre en contact les entreprises britanniques avec leurs homologues marocaines. Annuellement, au moins trois missions économiques sont organisées vers le Royaume. Décidemment, les années à venir connaîtront un tournant dans les relations économiques des deux pays, de l'avis de plusieurs observateurs. Par N. D.
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