451°F

La télévision de Vera Cruz diffusait hier soir Fahrenheit 451 , film réalisé par François Truffaut , sorti en septembre 1966 dans la mouvance de la Nouvelle Vague. L'histoire se déroule on ne sait pas vraiment quand, on ne sait pas vraiment où, dans un pays imaginaire où les trains se déplacent sur rail magnétique et les maisons sont ignifugées. Là-bas, lire est un des maux de la société, il faut donc éradiquer les livres et brochures qui empêchent chaque "cousin" (camarade citoyen, ndlr) de s'épanouir et d'être heureux. La "brigade de l'ordre" veille, ce sont des pompiers incendiaires chargés de traquer les illégaux et de dresser des autodafés. Montag , personnage principal, est membre de cette milice. Le titre, Fahrenheit 451 , désigne la température à laquelle les livres s'enflamment. Les images sentent bon les années 60 mais l'histoire est aisément transposable à notre époque. Ce film, c'est un trésor de la science-fiction, dans le genre d' anticipation . L'on y retrouve des ingrédients hitchockiens, le suspens, la méprise, la traque, et la bande sonore est composée par Bernard Hermann qui a déjà oeuvré dans Vertigo . On est également très proche de la série Le Prisonnier , série dont nous vous parlions il y a un an . Tout est numéroté, aseptisé, simplifié. Truffaut dissémine détails et références qui donnent à réfléchir. La brigade de l'ordre porte un casque guerrier, les soldats de noir vêtus se saluent avec le bras tendu frappant la poitrine, ou en se prenant mutuellement l'avant-bras. Les pompiers, comme Montag , sont grands, blonds aux yeux bleus. N'a-t-on pas déjà vu cela au XXè siècle? Le réalisateur clame son amour des livres. Il dénonce l'autoritarisme, le déclin de la culture, la chasse aux sorcières dont sont victimes les libres penseurs qui voudraient s'évader, comprendre, réflechir par la lecture. Les livres sont cachés dans les recoins et objets (grille-pains, armoires...) de certains foyers. On les remplace par des écrans plats -objets cultes- qui vous regardent sur tous les murs, des images manipulatrices dans lesquelles on demande de participer pour vous valoriser. Ne voit-on pas cela aujourd'hui? Tout est images et parole d'Etat, LA seule télévision lave les cerveaux et diffuse la propagande facile à gober pour les moutons du troupeau. Dans cette société, les livres sont brûlés en pleine rue, devant le public qui se masse. Comme le KKK américain ou l'Inquisition espagnole, le pompier bourreau met sa robe et son masque blanc pour attiser le bûcher au lance-flammes. L'"application stricte de la loi", c'est interdire aux garçons d'avoir les cheveux longs, c'est aussi dénoncer les mauvais "cousins" grâce à des "boîtes aux informations" qui permettent une délation salvatrice. Dans Fahreinheit 451 , les suspects sont ceux qui n'ont pas d'antenne-rateau sur leur toit, les biographies et mémoires deviennent des ramassis de "suffisance et de vanité sur des morts". Mais voilà, le traître est quelques fois celui que l'on ne soupçonnait pas, il sera donc pourchassé. Comme dans toute société totalitaire, il y a toujours des résistants qui attendent leur heure. Ce seront les "hommes-livres", chacun d'eux apprend par coeur un ouvrage afin de le restituer le moment venu. Fahreinheit 451 est une adaptation réussie du roman de Ray Bradbury , un très grand film qui devrait revenir sur les écrans en 2008 avec une nouvelle version . C'est Frank Darabont qui devrait la réaliser, et Tom Hanks devrait camper le rôle principal, Guy Montag. On leur doit déjà tous deux un beau long-métrage, la Ligne Verte , en 1999. ARTICLE DE WIKIPEDIA, RICHE ET COMPLET.

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