La Bourse de New York a clôturé en nette baisse lundi, frappée par une nouvelle vague d’inquiétudes sur l’impact de la crise du secteur « subprime » sur le secteur financier: le Dow Jones est redescendu sous les 13.000 points (-1,66%) et le Nasdaq a aussi perdu 1,66%. Le Dow Jones Industrial Average (DJIA) a reculé de 218,35 points à 12.958,44 points et l’indice composite du Nasdaq de 43,86 points à 2.593,38 points, selon les chiffres définitifs de clôture. L’indice élargi Standard and Poor’s 500 a baissé, lui, de 1,75% (-25,47 points) à 1.433,27 points. Tout au long de la séance, Wall Street a été ébranlée par la crainte que l’ampleur des répercussions financières de la crise des prêts immobiliers à risque (« subprime ») ne dépasse ce qui est déjà connu. En l’absence de données macro-économiques, l’élément déclencheur de ces nouvelles turbulences a été les recommandations négatives des analystes de Goldman Sachs sur le secteur financier. Ils ont en particulier recommandé de vendre le titre de Citigroup (-5,88% à 32,00 dollars), estimant que la première banque mondiale pourrait encore accuser 15 milliards de dollars de dépréciations supplémentaires au cours des deux prochains trimestres sur ses crédits à risques. « Cela a accru la peur sur l’ampleur des dommages », a estimé Marc Pado, analyste de Cantor Fitzgerald. « Goldman Sachs nous affirme que cela va être bien pire et cela se répercute sur les autres groupes du secteur hypothécaire ». Repoussant encore la perspective d’une amélioration de la situation économique, dont les difficultés tirent leur origine dans la crise du secteur immobilier, l’industrie américaine du bâtiment ne s’est jamais montrée aussi pessimiste sur le marché de l’immobilier résidentiel. L’indice de l’association patronale NAHB s’est établi à 19 en novembre, comme en octobre, ce qui est le plus bas niveau depuis qu’il a commencé à être calculé début 1985. Par ailleurs, M. Pado a souligné que « des investisseurs quittaient leurs positions pour ne pas être exposés » avant de partir en vacances. Wall Street sera fermée jeudi pour la fête américaine de Thanksgiving et aura une séance raccourcie vendredi. Dans le sillage de Citigroup, les autres principales valeurs bancaires ont été sanctionnées: Lehman Brothers a perdu 2,93% à 60,55 dollars, Merrill Lynch 3,99% à 53,87 dollars et JPMorgan 3,99% à 41,37 dollars. Très présente sur le secteur du crédit hypothécaire, Washington Mutual a été davantage délaissée (-7,27% à 18,49 dollars), tandis que Goldman Sachs, un temps épargné, a finalement perdu 2,09% à 220,54 dollars. Les acteurs directs de la chaîne du prêt hypothécaire ont, dans leur ensemble, connu une séance noire: le groupe de refinancement hypothécaire Freddie Mac a chuté de 7,91% à 37,50 dollars, tandis que son homologue Fannie Mae (-7,64% à 37,58 dollars) a sombré à son plus bas niveau depuis plus de dix ans. Autre valeur phare du secteur, le premier prêteur hypothécaire américain Countrywide Financial a lâché 12,43% à 10,57 dollars. Alors que son titre avait déjà perdu plus de la moitié de sa valeur il y a une semaine, le courtier E-trade, qui fait l’objet de rumeurs de faillite à cause de l’importance de ses actifs douteux, a encore abandonné 14,47% à 4,67 dollars. Parmi les autres valeurs en vue, le fabricant de photocopieurs Xerox a progressé de 1,64% à 16,08 dollars, après avoir annoncé le versement à ses actionnaires d’un dividende trimestriel, pour la première fois en plus de six ans. Celgene, qui va acquérir les laboratoires Pharmion (+32,14% à 65,12 dollars) pour 2,9 milliards de dollars, a baissé de 1,39% à 64,00 dollars. Le groupe de location d’équipements professionnels United Rentals (-3,72% à 22,50 dollars) a lancé une procédure en justice contre le fonds Cerberus pour le contraindre à lancer son offre publique d’achat. Le marché obligataire a attiré les investisseurs inquiets. Le rendement du bon du Trésor à 10 ans a baissé à 4,079%, contre 4,150% vendredi soir, et celui à 30 ans à 4,478% contre 4,523%.