Photo credit: Photo by Bob Krist © 1999 by Greater Philadelphia Tourism Marketing Corporation. Love is all around… En ces temps de solitude urbaine et de grande indifférence, au milieu de la multitude des opportunités de prouver au monde nos valeurs personnelles par l’ascension sociale et la course au pouvoir, parmi la foule des gadgets et de la haute technologie cencés rendre nos vies plus agréables et plus productives, en omettant les suicides des employés de chez R., le trafic d’enfants, d’organes, d’argent, en faisant fi des alertes écologiques et même en passant outre le déréglement climatique et la course des ours blancs pour un peu de banquise stable. Oui, en ignorant encore le cri de nos frères à l’autre bout du monde, la pollution qui menace les yeux fragiles et mutans des générations futures, les baillons politiques, les abus de pouvoir, la crise économique, la ségrégation, l’homophobie, les fanatiques religieux, les arnaques politico-financières, les détournements de fonds, les mensonges de ceux qui nous gouverne, l’oppression, la famine, le sida, le prix de l’essence et des cigarettes, le prix de la vie (!), l’éducation nationale qui mamouth ou athlète n’ira plus très loin, le dopage, les pédophiles, la médecin à deux vitesses, les indemnités des grands patrons, le salaire des joueurs de foot… Même en faisant beaucoup d’efforts ou si peu finalement, car je l’avoue j’ai fini depuis longtemps de prendre part à cette curée là …est-ce que je peux pour autant, souffler, stoper un instant cette course folle qui malgré mon grand désintéret me poursuis plus que je ne la fuis…? Vous êtes confuse très chère, me direz-vous. Peut-être. Oserais-je toucher enfin du doigt l’essentiel de ma vie…? Moi qui ne suis qu’une petite poussière d’étoile dans l’imensité d’un ciel. Une grosse chappe de cafard, le bon, le gros, le bon gros cafard, me tombe dessus et je sens que je ne vais rien pouvoir vraiment faire pour l’éviter…. Comme une fragilité qui flottait autour de moi…puis qui m’a enveloppé d’un voile sensible. Soudainement. Un trop plein…, Une source purement personnelle ou une déflagration universelle…? Comme si d’un coup l’écho d’autre voix, des centaines, des milliers de voix, arrivait comme un flot lourd et sourd et me recouvrait totalement. Là c’est le noir. Il fait froid. Je suis enterrée, immobile, impossible de bouger. J’entends mon coeur qui résonne comme des pas qui s’éloignent et dans mon ventre une angoisse opaque, épaisse, lourde. Ces voyages sur le néant, le vide où les mots ont un sens, mais ne restent que des mots en suspends dans des vies qui parfois se torturent, se meurent de solitude et de douleurs… Ces voyages virtuels, moi qui suis là , pouvant rester des mois enfermée, si la nécessité et mes devoirs maternels ne me poussaient pas à mettre le nez dehors… Est-ce que je fuis…? Qui? Quoi? Ais-je oublié la raison de ce repli, l’ais-je transformé en volonté, ou suis-je encore en train de le subir…Je n’ai pas de phobie sociale, ou pas suffisament pour être handicapée. J’ai posé moi- même le terme, car j’avais compris qu’il y avait un problème quand la peur du regard des autres, l’impression que leur regard ne vous lache plus quand vous marchez dans la rue « hé! t’a vu elle est grosse, moche, elle a l’air ridicule » oui, ça peut paraitre fou…ça l’est sans doute; J’en suis guérie, je deviens pompeuse si je dis que je m’aime et que je n’ai plus peur maintenant..? Ou suis-je encore plus atteinte de normalité? En fait c’était peut-être pas ça, simplement ne pas être dans le même mouvement que les autres, tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. Bref! Ais-je oublié la raison? Je ne sais pas. Finalement c’est peut-etre un rempart. Une illusoire forteresse pour éviter de souffrir. Depuis mon plus jeune âge et bien que je n’ai jamais eu les attributs physique ou de personalité pour offrir mon corps en rempart, j’ai toujours pris la défense des plus faibles, j’ai toujours été du côté de la rebellion, du côté où il y a le moins de monde….Combien de larmes versées, combien de peine et de pensées tendues vers un ailleurs qui n’est pas moi? Maintes fin du monde vécues et toujours prête à repartir. Fin du monde à l’échelle de mes sentiments. A-t-on le droit de confondre un enfant dans sa peine à la réalité de l’adulte? Tout est question de relativité n’est-ce pas? Foutaise. Un chagrin d’enfant est un puit sans fond quand il n’est pas acceuilli, exprimé…jusqu’à l’adulte qui le portera en lui, toujours. On se fiche de ça. On a tort. J’ai toujours été là . Sans vouloir faire ma cosette, ya pas eu grand monde quand j’ai eu besoin, vraiment d’aide. Mais c’est ainsi et au final je n’en veux à personne. J’accepte de passer ma vie à avoir des douleurs qui ne sortiront jamais de mon coeur parceque je sais je suis ainsi et il y a surement une raison. J’ai ce sixième sens qui me fait vivre l’autre. Je ne sais pas si c’est un cadeau madame, non, vraiment je ne sais pas. Parceque ça m’isole, ça me mord et ça m’encombre parfois. On appelle ça l’EMPATHIE. Moi j’ai la dose maximale voir plus. Ce n’est pas une sinécure. A force d’aider les autres, de ressentir leur chair, de deviner leurs peurs, leurs angoisses et leur solitudes…Comment dire, c’est un peu comme le film Highlander…j’absorbe l’autre. j’apprends certe. j’emmagasine une multitude de facettes, de sentiments, d’émotions. C’est comme un KALEIDOSCOPE qui parfois m’étourdis et me renverse. La tête dans l’oreiller je me dis mais pourquoi je suis si compliquée, cette éponge qui absorbe la vie avec tant de force et tant de faiblesses. Alors toutes ces émotions, ces questions…Pfff… Il arrive que soudain tout tombe, en vrac, comme aujourd’hui et que mes grandes espérences se dissolvent dans mes larmes qui ne sortent même pas de mes yeux. C’est une douleur intérieure. Et pourtant une certaine serenité acceptation. Non, je ne suis pas une sainte! Mon dieu! loin de là !! Je ne voudrais pas l’être, bien trop compliqué. Je suis bien trop fainéante et égoiste pour ça. Il faudrait avoir pu saisir le moment où la décision s’imposait de donner sa vie…Sans me poser la question j’ai choisi de garder ma vie, pour moi et un peu pour les autres, un peu trop, mais pas assez pour être d’une quelconque utilité… C’est là que l’angoisse vient et se fait mordante. C’est là que la question de l’utilité d’une vie, de son importance me tiraille, me questionne. Le but d’une vie, sa finalité…Et puis son petit nombrile…les choix que j’ai fait, ceux que j’aurais du faire…et si et si…comment aurait-été ma vie si…Pourquoi je me fais si chier parfois, que mon corps encore jeune me donne le goût des vieux le soir sur les bancs….Pourquoi tant de contraintes, de problèmes…Tu l’as bien voulu qu’on me dit! Pfff… C’est sûre je suis pas sur l’escalator moi…ça roule pas, tout tracé avec juste quelques turbulences…Non, moi c’est du grand, du vrai, du bon mélo, du tragi-comique dans les meilleurs jours. Je peux rejeter la société de consommation, j’en fais pas partie d’office ja’i pas assez d’oseille dans mon jardin militant. Peut-être que ça me dirait d’aller me sapper comme une vraie gonzesse, me faire épiler à l’institut, porter du parfum de marque et aller chez le coiffeur des stars…Peut-être soyons lucide, l’argent à ses attraits et je ne cracherais pas sur quelques plaisirs et un peu de superflu…Mais bon, je crois pas que cela soit mon plus grand manque. A force de se passer des choses on fini par ne plus y penser et sincèrement ça ne manque plus ou si peu. Sauf peut-être quand on se retrouve dans le grand bain avec les habitués. Là encore il faut user de son amour propre pour sauver la face et finalement ça passe plutot bien du côté comme de l’autre. suffit d’en être convaincu et d’avoir autre chose à « vendre » ou à offrir que son apparence ou son statu social…Suffit. Non je me rend bien compte que je tourne en rond…que je piétine salement depuis un bout de temps, dans ce paysage là …Je ferai rien de plus dans ce créneau, mis à part terminer proprement ce que j’ai commencé, mais si à ce jour ya des trucs que j’aurais pas fait comme ça. Ni remord, ni regret. Mort de rire. Je m’y suis cramponné à celle-là . Mais force est de constater lucidement que c’est une belle foutaise! Des regrets je commence à en avoir et je suis pas au crépuscule de ma vie..ça promet. A moins que je rectifie le tire(mais le temps m’est compté) je me contenterai d’un statu de looseuse sociale ou d’artiste ratée, d’une qui aurait pu vivre de l’écriture, ou d’une brillante carrière avortée…. Comment faire la part des choses quand l’essentiel de la vie, la vérité, votre vérité vous arrive en pleine gueule, et qu’on se rend compte qu’il est bien trop tard pour l’exploiter dignement? C’est là qu’interviendra sans doute toute ma sagesse acquise ou alors ma grande stupidité… Bientôt, prochainement..dans les mois ou les années à venir…le poids de la vie d’une femme dans l’immense humanité.