L'opérateur mobile est le principal actionnaire de Neuf Cegetel et son premier client. Mais, alors que les deux acteurs sont de plus en plus concurrents, les analystes parient sur un rapprochement à terme.Lors de l'introduction en Bourse de Neuf Cegetel, ils étaient déjà nombreux à y croire. Un an plus tard, leur conviction s'est encore renforcée : un rachat des minoritaires de Neuf Cegetel par SFR, déjà actionnaire à 40,5 % du capital, est sur les écrans-radars de la plupart des analystes. Oddo estime que « cette spéculation devrait constituer un coussin à la performance du titre ». « Un tel mouvement serait positif sur le titre car une prime de contrôle devrait être payée », ajoute HSBCPlusieurs raisons soutiennent cette spéculation. Tout d'abord, SFR et Neuf Cegetel ont des liens industriels très forts : le premier héberge l'opérateur mobile virtuel du second tandis que le second achemine le trafic voix et ADSL du premier. SFR est le premier client de Neuf Cegetel, apportant 10 % de son chiffre d'affaires en 2006. Les deux sociétés investissent conjointement dans le WiMax et la fibre optique.Ensuite, les deux acteurs sont de plus en plus en concurrence : Neuf Cegetel revendique 200.000 clients à son offre mobile et SFR a racheté les activités fixe et Internet de Tele2 France. Compte tenu de ces ambitions croisées à l'heure de la convergence entre la téléphonie fixe et mobile, les analystes s'interrogent donc sur la pertinence d'avoir unNeuf Cegetel et un SFR « séparés ».Un rachat de Neuf Cegetel « apporterait à SFR des réductions de coûts, des crédits d'impôts et accélérerait le mouvement vers la convergence », résume Merrill Lynch. HSBC insiste sur le fait qu'une telle opération permettrait à SFR de « mieux concurrencer » Orange, présent dans le fixe et le mobile, mais aussi Iliad si ce dernier devait mettre la main sur la quatrième licence mobile.SFR a beau répéter qu'il est satisfait de sa participation actuelle, les analystes semblent donc croire qu'une montée au capital n'est qu'une question de temps. Pour UBS, une telle opération «pourrait arriver plus tôt que le marché ne l'imagine ». Merrill Lynch ne croit pas à un rachat « à court terme » mais conseille tout de même aux investisseurs d'acheter des titres « avant que Vivendi ne le fasse ». Faiblement endetté, Vivendi a les moyens financiers de faire monter SFR à 100 % de Neuf Cegetel, note UBS. Et ce sans gêner les visées de Vivendi sur l'opérateur saoudien Oger Telecom. SFR, qui est également détenu à 44 % par Vodafone, devrait débourser 4,1 milliards d'euros (sans prime) pour les 60 % restants de Neuf Cegetel, sans compter la reprise de dette.
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