Radiohead sort un nouvel album. Sa particularité est qu'il n'est disponible que via Internet. Le prix est laissé à la juste estimation de l'amateur. Une fois de plus, ce groupe repousse quelques frontières de l'ordre établi et remet en question les modes de consommation. Quel impact pour quel médias ? J'ai donc téléchargé cet album ce matin depuis le site de Radiohead . L'accroche est des plus minimalistes mais avec le strict nécessaire pour permettre l'achat en ligne en toute sécurité. J'ai moi-même décidé le prix que je voulais mettre pour cet album ("It's up to you !") soit 1£ + frais ( ?). Carte de crédit et, quelques secondes après, le lien vers un répertoire zippé contenant 10 fichiers mp3. Pour les grands fans, il est possible de commander un discbox pour le prix de 40£ (comprenant un disque bonus), là ca fait quand même un peu cheros. Dommage que le artwork ne soit pas disponible au téléchargement ... Techniquement rien de neuf mais la démarche me semble quand même aller plus loin que ce qu'on a pu voir auparavant : D'abord, il s'agit de l'album d'un grand groupe, connu mondialement. Plusieurs petits labels (citons Carte Postale Records pour l'exemple) ont vu avec Internet la possibilité de rendre disponible un catalogue d'artistes underground qui seraient sans aucun doute restés dans l'anonimat, touchant un public ultra limité. Au delà de cette bonne intention de promotion, ces initiatives existent aussi grâce à la frustration de l'artiste de ne pouvoir toucher des royalties sur sa musique (être écoutable partout gratos finalement c'est mieux que rien !). Ensuite le fait que Radiohead sur ce coup là n'est en contrat avec aucun label ni aucune maison de disque. C'est du direct du producteur au consommateur. Pas de contrat avec des distributeurs même online comme Amazon ou iTunes. Enfin la possibilité laissée à l'utilisateur de mettre le prix qu'il veut. Cette données peut être interprétée de plusieurs manières : un pied de nez bien entendu à l'industrie du disque (combien de fois le prix d'un disque n'a-t-il pas fait polémique ?), une approche sociale (chacun met en fonction de ses moyens), un prix en fonction de la qualité (ceux qui aime Radiohead paieront plus que les simples amateurs) même si idéalement dans ce cas, il faudrait pouvoir payer une fois qu'on a écouté le disque ;-) Je me demande donc en fonction de ces 3 observations ce que cela peut impliquer comme nouveaux changements des comportements. Est-ce que cette initiative sera une simple comète traversant l'univers de l'industrie du disque sans aucune conséquence ? Ou au contraire cela ouvre-t-il une nouvelle ère dans laquelle labels et distributeurs deviendront des partenaires tout à faire superflus ou anecdotiques ? Quand serons-nous tous prêts à abandonner l'idée d'un disque sous forme d'objet réel pour une oeuvre avant tout sonore et qui donc peut prendre la forme de plusieurs supports accessoires ? Au final, l'album de Radiohead (intitulé "In Rainbows") est-il bon ? Un peu tôt pour me prononcer, je n'en suis qu'à la 1er écoute. Il est plutôt easy listening et calme, flirtant avec l'électro des derniers albums mais en gardant la part belle au magnifique timbre de voix de Tom Yorke et aux guitares.
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