The Big Sleep de Howard Hawks

Lui, c’est Humphrey Bogart, Boggy. Il est encore groggy de sa cuite de la veille, se gratte nonchalemment le derrière de l’oreille, passe le revers de ses doigts nicotinés sur la coupure de sa lèvre superieure. Dans Le grand sommeil, il est Philip Marlowe, ce privé désabusé crée par l’écrivain Raymond Chandler qui carbure au whisky et aux femmes fatales. Impassible, consciencieux, il mène son enquête. A l’image d’Howard Hawks, le réalisateur qui avouait n’avoir pas bien compris le roman éponyme, le sens général de l’intrigue lui échappe. Qui trahit qui et pourquoi? Ou est passée la femme d’Eddie Mars? Qui Carmen a-t-elle tué? Le film est une enfilade de scènes où les gangsters sont des maîtres chanteurs, où il pleut sur Hollywood et où les filles du vieux colonel ne sont pas tout a fait nettes. Et c’est ça qui compte, au final : l’ambiance, le plaisir de découvrir Marlowe dans les situations les plus inextricables. L’intrigue n’est qu’un prétexte. Le film tient tout seul, servi par un starsystem hollywoodien à son apogée. Le couple mythique Bogart/Bacall explose à l’écran sur fond de film noir. Pourquoi chercher autre chose? Le réalisateur Howard Hawks ne s’est pas regardé le nombril, n’a pas cru réinventer le cinéma… Juste du travail bien fait, un film réalisé à l’âge d’or des studios, un modèle du genre. Marie Corberand The Big Sleep de Howard Hawks, USA, 1946, 116 min D’après le roman de Raymond Chandler Scénario : William Faulkner, Leigh Brackett, Jules Furthman Acteurs : Himphrey Bogart, Lauren Bacall, John Ridgely, Martha Vickers… Producteur exécutif : Jack L.

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