Rupture

"Je t'avais pourtant prévenu, la vie ne fait pas que des cadeaux..." me dit-elle en enfilant doucement ses gants roses, brodés aux poignets de fines fleurs colorées. Mes yeux restaient figés sur ce geste banal. Ces gants, ses gants qui n'étaient plus tous jeunes et qui avaient une histoire, son histoire, notre histoire. Je les lui avait offerts lors de nos fiançailles, elle les avait adorés et ne s'en était plus jamais séparés. Ce geste qu'elle faisait machinalement devant moi en disait plus long que ses paroles. Elle me quittait et en même temps elle me narguait, lentement, croisant méticuleusement ses mains, entrelaçant ses doigts pour que les gants les épousent parfaitement. Notre relation avait durée moins longtemps que ces magnifiques gants de cuir. Quelques années auront suffit à anéantir notre passion, mais le rose de ses gants était presque intact, même si le bout des doigts était témoin de bien des aventures. Oui, elle m'avait prévenu, mais je n'avais pas prêté attention à ses plaintes de me voir si peu souvent, je n'avais pas fait attention, je n'avais pas voulu entendre. Mon travail, ma carrière était ce qui comptait. Elle, elle était ma femme, acquise me semblait-il, ma chose, toujours là, présente, à l'écoute. Elle m'écoutait mais moi je n'écoutais que moi, mes problèmes, mon égo. Elle me tourna alors le dos, et je vis ses mains gantées se poser sur sa valise et disparaître. Je restais là, prostré, du rose plein les yeux, incapable de la retenir… Christine La consigne ici

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