Périple en la demeure

Quand Venus guidée par les fards de la lune Accomplit en silence son tumultueux voyage, Elle abandonne souvent au creux de son sillage L'évanescent parfum qui hante sa peau brune. Un effluve capiteux , méandre de désir, Se dissipe dans l'air , s'emparant de nos corps. L'emprise trop prenante , sans cesse nous attire Dans un gouffre géant , linceul de nos efforts. Nous devenons les proies d'étourdissants vertiges Couleur de l'arc en ciel , qui dessinent et figent Les ardeurs naissantes en épars tourbillons Auréolés du feu de nos souffles profonds. Sur l'autel des désirs , nos corps vaincus se livrent. Assoiffées de plaisir , nos chairs tendues et ivres En se mêlant révèlent leur immortalité Brûlée du sang scelle de nos fécondités

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