Hommes

Hommes de sale caractère Hommes de mes deux mains Hommes du petit matin La machine tourne aux ordres de Deibler Et rouages après rouages dans le parfum des percolateurs qui suinte des portes des bars et le parfum des croissants chauds L’homme qui tâte ses chaussettes durcies par la sueur de la veille et qui les remet Et sa chemise durcie par la sueur de la veille Et qui la remet Et qui se dit le matin qu’il se débarbouillera le soir Et le soir qu’il se débarbouillera le matin Parce qu’il est trop fatigué… Et celui dont les paupières sont collées au réveil Et celui qui souhaite une fièvre typhoïde Pour enfin se reposer dans un beau lit blanc… Et le passager émigrant qui mange des clous Tandis qu’on jette à la mer sous son nez Les appétissants reliefs de la table des premières c.lasses Et celui qui dort dans les gares du métro et que le chef de gare chasse jusqu’à la station suivante Hommes de sale caractère Hommes de mes deux mains Hommes du petit matin Fortunes (1942)

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